Ce sont deux grandes familles de fils à coucher en broderie or. Le jaseron, rigide, dessine les lignes nettes et reste en surface ; le gimp, souple, épouse les courbes et se plonge dans le tissu à ses extrémités.
Le jaseron et le gimp appartiennent tous deux à la famille des fils que l'on « couche » : ils se fixent par un fil discret qui vient les enjamber à intervalles réguliers. Mais la ressemblance s'arrête là : ces deux fils n'ont ni le même caractère, ni la même façon de commencer ou de finir leur course.
Le jaseron : la rigueur, tout en surface
Le jaseron est un fil métallique spiralé, rigide, qui excelle dans les lignes nettes et les contours précis. Il se coupe et se pose franc. Avant la pose, on l'étire très légèrement (d’environ 20%) pour ouvrir sa spirale, afin que le fil de fixation puisse s'y loger et y disparaître.
Le jaseron ne traverse jamais le tissu : on le pose en ligne continue, et on le recoupe directement sur l'ouvrage. C'est lui qui dessine les plus beaux contours métallisés de la broderie d'art.
Le gimp : la souplesse, ancrée par plongeon
Le gimp, plus souple, épouse les courbes et les formes organiques. Il se guide avec les doigts dans les courbes douces, mais se contraint dans les angles et les pointes, où on le mate du bout de l'ongle pour l'obliger à se plier au bon endroit.
Le gimp doré épouse la courbe d'une flamme du Soleil.
Contrairement au jaseron, ses extrémités traversent le tissu : on les fait plonger sur l'envers à l'aide d'une aiguille à chenille (c'est la technique du plongeon). Entre ses deux plongeons, tout le corps du gimp reste couché à la surface.
Le jaseron cerne la Lune de la Collection 01, le gimp serpente dans les ors du Soleil : deux matières à découvrir chacune sur sa carte.