C'est l'outil mythique des ateliers de haute couture, celui qui pose perles et paillettes à une vitesse fascinante. Portrait d'une technique qui impressionne, et qui n'est pas obligatoire pour commencer.
Le crochet de Lunéville est un petit outil au manche fin, terminé par un crochet minuscule, dont la technique s'est développée au XIXe siècle dans la ville de Lunéville, en Lorraine. Sa particularité : on travaille à l'envers de l'ouvrage, tendu sur un métier à broder traditionnel, et l'on forme sous le tissu une chaînette continue qui vient fixer, sur l'endroit, perles et paillettes enfilées à l'avance sur le fil.
C'est cette chaînette qui fait toute la magie : le point formé par le crochet de Lunéville est produit à une vitesse que l'aiguille ne peut pas égaler, ce qui en a fait l'outil de prédilection des ateliers de haute couture, où il faut parfois poser des milliers de perles ou paillettes sur une seule robe.
La technique impressionne, et c'est mérité : il se travaille à l’aveugle (lorsque le tissu est opaque, la brodeuse ne voit strictement rien aux perles ou paillettes qu’elle est en train de poser !), et demande un vrai apprentissage.
Mais le crochet de Lunéville n'est pas un prérequis de la broderie d'art pour autant. Tout ce qu'il fait, l'aiguille sait le faire aussi, plus lentement peut-être, mais avec la même beauté. On peut en effet broder des œuvres entières de broderie d'art sans jamais avoir tenu un crochet ! C'est un monde fascinant à explorer un jour si l'envie vous prend, mais pas une porte d'entrée obligée.
Les cartes de la Collection 01 se brodent entièrement à l'aiguille, sans crochet de Lunéville. La Lune lui emprunte pourtant sa pose reine, la rivière de paillettes, que vous découvrirez ici à l'aiguille. Et si cette technique vous fait rêver, restez dans les parages : elle fait partie des territoires que Point Sauvage compte bien explorer.